Sagas

Godland

avec Elliott Crosset Hove, Ingvar Sigurðsson, Victoria Carmen Sonne

Fin XIXe : un prêtre danois part pour l’Islande avec pour mission d’y construire une église et de photographier la population. Il se confronte alors à ce qu’on lui a pourtant souligné : « L’île n’a rien à voir avec le Danemark ». Par son ambition et sa puissance visuelle, Godland se démarque dans l’œuvre de Hlynur Pálmason, mais aussi parmi les productions islandaises : cette inoubliable saga historique portée par un casting admirable et par une intime connaissance des lieux met en tension les caractères danois et islandais.
Traversée du temps et de l’espace, au contact des conflits et de la poésie, de la splendeur des paysages, de l’impitoyable climat, de la nature et d’un sens de l’appartenance complexe et intense : Godland est un chef-d’œuvre. PA

Meilleur réalisateur et Meilleure Réalisation, Edda Awards, 2023
Sélection Un Certain Regard, Festival de Cannes, 2022


Lamb

avec Noomi Rapace, Hilmir Snær Guðnason, Björn Hlynur Haraldsson

Dans la campagne islandaise, tout semble couler de source, même le plus invraisemblable. Quand l’absurde s’invite discrétement dans une très banale vie quotidienne, c’est plutôt notre étonnement qui devient surprenant. Ici, dans l’ambiance douce et cotonneuse de la ferme, un jeune couple peu loquace voit comme une évidence une petite brebis prendre forme humaine et remplacer l’enfant absent·e : qu’y a-t-il là d’étrange ? La Nature apaisée ne connaît pas les frontières entre l’animal et l’humain. Mais attention, elle peut parfois exprimer sa colère et le conte de fées risque de devenir film d’horreur. JG.

Prix de l’originalité, Sélection Un certain regard, Festival de Cannes 2021
12 prix aux Edda Awards, 2022

Les Proscrits

avec Victor Sjöström, Edith Erastoff, John Ekman

Accusé·es de vol, les « Bonny and Clyde islandais·es » fuient pendant des années dans la montagne pour devenir l’objet d’une légende nationale, d’une pièce de théâtre de Jóhan Sigurjónsson et d’un chef d’œuvre du cinéma muet suédois.
« Voilà sans aucun doute le plus beau film du monde » s’exclame Louis Delluc en 1918 à la sortie du film. Plus d’un siècle après, on reste fasciné·e par le parcours tragique du couple dans des décors majestueux (la Suède remplace l’Islande alors inaccessible pour cause de guerre), par la lumière de l’image et la mise en scène de V. Sjöström, réalisateur et émouvant interprète du film. JG.

Outlaw: The Saga of Gisli (Útlaginn)

avec Arnar Jónsson, Ragnheiður Steindórsdóttir, Benedikt Sigurðarson

Nous sommes en Islande, au Xe siècle. Gisli, homme d’honneur pris dans l’engrenage implacable de la vengeance et des liens du sang, commet le meurtre d’un parent pour venger son frère. Dès lors, il devient « útlagi », l’outre-loi condamné à l’errance. Traqué à travers les fjords sauvages, il survit grâce à son ingéniosité et à la fidélité de son épouse, avant un ultime affrontement épique. Adapté d’une saga médiévale, ce film d’Agúst Guðmundsson a marqué un tournant historique. En restituant la brutalité et la poésie des textes anciens avec un réalisme cru, il a prouvé que l’Islande pouvait se réapproprier ses propres mythes, fondant ainsi les bases esthétiques du cinéma national moderne. OC