Rencontres 2026

When the light breaks

de Rúnar Rúnarsson

avec Elín Hall, Mikael Kaaber, Katla Njálsdóttir

Islande, Pays-Bas, Croatie, France | 2024 | 1h20

De la lumière du coucher de soleil sur la mer à lumière du feu, ce très beau film relate avec sensibilité une journée dans la vie de jeunes étudiant·es bouleversé·es par la mort tragique de l’un d’eux. Les relations sont complexes, et c’est dans les non-dits que s’exprime le désespoir amoureux. Les choix de cadrages très serrés font qu’on est au plus près des personnages, de leurs émotions, mais aussi de leurs rivalités qu’ils laissent éclater dans des scènes d’une énergie fabuleuse. On est saisi·e par les sentiments universels éprouvés lors de la perte d’un être cher. On est subjugué·e par l’apaisement final. ILC.

Sélection Un Certain regard, Film d’ouverture Festival de Cannes 2025
Meilleur film, Meilleur réalisateur et Actrice de l’année pour Elín Hall, Edda Awards, Islande, 2025


L’Histoire du géant timide

de Dagur Kári

avec Gunnar Jónsson, Ilmur Kristjánsdóttir, Sigurjón Kjartansson

Islande, Danemark | 2015 | 1h34

Un jeune adulte, Fusi, gros pour ne pas dire obèse, qui vit encore chez sa mère se réfugie dans la nourriture et un jeu de petits soldats dans une grande maquette paysagère, face à l’adversité sociale. Pour lui faire rencontrer du monde, sa mère et son ami du moment lui offrent l’inscription à des cours de danse country où il va faire une belle rencontre. On suit pas à pas ce personnage dans toutes les circonstances de sa vie, son quotidien professionnel et familial, ses amitiés, ses échecs, ses choix, ses déceptions, son évolution amoureuse, porté par un acteur (Gunnar Jonsson) bouleversant, d’une tendresse infinie, prodigieux de sensibilité qui parvient avec un jeu très sobre à provoquer une émotion qui ne nous lâche pas tout au long du film. IA.

Meilleur film islandais, Nordic Council 2015


Un jour si blanc

avec Ingvar Sigurðsson, Ída Mekkín Hlynsdóttir, Hilmir Snær Guðnason

Dans un village isolé, Ingimundur (Ingvar E. Sigurðsson, encore lui !), policier taciturne, découvre que sa femme décédée menait une double vie. Sa quête de vérité vire à l’obsession. Hlynur Pálmason, plasticien de formation, transforme ce récit en une expérience sensorielle. La patte du réalisateur de Godland éclate dès le time-lapse inaugural montrant la maison en construction à travers les saisons (écho lointain au toit arraché à l’ouverture de L’amour qu’il nous reste). Au travers de cette brume opaque, magnifiquement rendue, percent quelques éclats de couleur quand certains silences laissent eux deviner la fureur de la nuit intérieure d’Ingimundur. OC.

Prix de la révélation pour Ingvar Sigurðsson, Festival de Cannes 2019
6 prix aux Edda Awards, Islande 2020


Touch, nos étreintes passées

avec Egill Olafsson, Pálmi Kormákur Baltasarsson, Kōki

Au crépuscule de sa vie, Kristofer, un Islandais de 73 ans, se met en tête de retrouver la trace de Miko, son amour de jeunesse. Il ferme son restaurant à Reykjavík pour une dernière odyssée. Baltasar Kormákur délaisse ses tempêtes habituelles pour filmer les remous intérieurs d’un homme qui sent le temps lui échapper. Touch est un voyage à fleur de peau, où le montage oscille entre la nostalgie d’une jeunesse éprise de justice et la solitude pudique du vieil homme. Dans les gestes du cuisinier ou les silences d’un trajet en train, Kormákur capte le besoin de clore son histoire avant le grand silence. Une œuvre bouleversante sur la permanence du sentiment. OC.

Prix du public, Festival du film de Cabourg 2025
Prix du public, Festival International du film de Tromsø 2025

Godland

avec Elliott Crosset Hove, Ingvar Sigurðsson, Victoria Carmen Sonne

Fin XIXe : un prêtre danois part pour l’Islande avec pour mission d’y construire une église et de photographier la population. Il se confronte alors à ce qu’on lui a pourtant souligné : « L’île n’a rien à voir avec le Danemark ». Par son ambition et sa puissance visuelle, Godland se démarque dans l’œuvre de Hlynur Pálmason, mais aussi parmi les productions islandaises : cette inoubliable saga historique portée par un casting admirable et par une intime connaissance des lieux met en tension les caractères danois et islandais.
Traversée du temps et de l’espace, au contact des conflits et de la poésie, de la splendeur des paysages, de l’impitoyable climat, de la nature et d’un sens de l’appartenance complexe et intense : Godland est un chef-d’œuvre. PA

Meilleur réalisateur et Meilleure Réalisation, Edda Awards, 2023
Sélection Un Certain Regard, Festival de Cannes, 2022


Lamb

avec Noomi Rapace, Hilmir Snær Guðnason, Björn Hlynur Haraldsson

Dans la campagne islandaise, tout semble couler de source, même le plus invraisemblable. Quand l’absurde s’invite discrétement dans une très banale vie quotidienne, c’est plutôt notre étonnement qui devient surprenant. Ici, dans l’ambiance douce et cotonneuse de la ferme, un jeune couple peu loquace voit comme une évidence une petite brebis prendre forme humaine et remplacer l’enfant absent·e : qu’y a-t-il là d’étrange ? La Nature apaisée ne connaît pas les frontières entre l’animal et l’humain. Mais attention, elle peut parfois exprimer sa colère et le conte de fées risque de devenir film d’horreur. JG.

Prix de l’originalité, Sélection Un certain regard, Festival de Cannes 2021
12 prix aux Edda Awards, 2022

Béliers

avec Sigurður Sigurjónsson, Theodór Júlíusson, Charlotte Bøving

Deux fermiers refusent l’abattage de leurs moutons en période de pandémie. Cela
résonne curieusement avec l’actualité mais le vrai sujet est ailleurs : dans ce contexte
où deux frères vont se découvrir un intérêt commun, que faire avec cette haine
radicale qui les oppose depuis très longtemps ? Le mutisme total dans leurs relations,
la jalousie constante qui va culminer lors du concours du meilleur bouc, tout cela
semble irrémédiable. Et pourtant… La caméra de Hákonarson accompagne les deux
parias entre humour et drame au coeur des paysages sauvages, comme dans une
version moderne des Proscrits. JG.

Prix Un certain regard, Festival de Cannes 2015
11 Prix aux Edda Awards 2016, Islande



Des chevaux et des hommes

avec Halldóra Geirharðsdóttir, Ingvar Sigurðsson, Charlotte Bøving, Helgi Björnsson

Benedikt Erlingsson, réalisateur de Woman at war, filme l’Islande comme un laboratoire où l’homme et l’animal sont mis au même niveau. À travers l’œil du cheval islandais – race rustique protégée de toute importation depuis le Xè siècle – les passions d’une communauté isolée se révèlent. Entre conflits de voisinage, tempête de neige et chalutier russe, ces montures deviennent les témoins lucides de nos ridicules. Le récit, choral, dépouille l’humanité de ses artifices, mêlant humour sec et survie pour trahir notre part sauvage. Le cheval fait le lien, la nature dicte sa loi : un choc visuel organique et décapant. On adore ! OC

Meilleure actrice pour Charlotte Bøving, Festival International du film d’Amiens, 2013
Meilleur réalisateur, Festival International du film de Tokyo, 2013
Nordic Council Film Prize, 2014

séance en présence de Halldóra Geirharðsdóttir


Woman at war

avec Halldóra Geirharðsdóttir, Jóhann Sigurðarson, Juan Camillo Roman Estrada

Woman at war est un film d’action écologique, féministe, engagé, drôle et joyeux, tourné dans de somptueux paysages islandais. S’il est difficile de traiter avec humour de la destruction de la planète, Benedikt Erlington y parvient à la perfection en nous embarquant dans la bataille environnementale d’une professeure de musique quinquagénaire qui se révèle être une guerrière que rien n’arrête !
Ça fait tellement de bien de partager son combat qu’à la sortie du film on se sent prêt.e à pousser un cri de ralliement. ILC.

Prix SACD du Festival de Cannes 2018
Prix du Rail d’Or, Festival de Cannes 2018
Prix d’interprétation pour Halldóra Geirharðsdóttir, Festival du nouveau cinéma de Montréal, 2018

séance avant-festival présentée dans le cadre du Ciné des femmes


séance en présence de Halldóra Geirharðsdóttir


séance en présence de Halldóra Geirharðsdóttir


séance en présence de Halldóra Geirharðsdóttir


séance en présence de Halldóra Geirharðsdóttir

Nói albínói

de Dagur Kári

avec Tómas Lemarquis, Thröstur Leó Gunnarsson, Elin Hansdottir

Danemark, Islande, Allemagne | 2003 | 1h33

Nói a 17 ans et habite dans un petit village du Nord de l’Islande avec sa grand-mère. Plutôt que d’aller au lycée, où son extrême nonchalance a le don de rendre fou son professeur, il préfère rendre visite au libraire du village, draguer la serveuse de la station-service, ou encore aider le prêtre à creuser des tombes. Et surtout, Nói rêve d’ailleurs.
Au cœur de l’Islande enneigée, avec humour et tendresse, Dagur Kári signe un portrait malicieux de ce jeune lycéen un peu perdu mais plein d’espoir. Mais les accidents du réel ne sont jamais loin, et la candeur lumineuse de Nói ne sera peut-être pas suffisante pour atteindre son rêve… MC.

Grand Prix du Jury, Festival Premiers Plans d’Angers 2003


Reykjavík, des elfes dans la ville

de Sólveig Anspach

documentaire

France | 2001 | 1h02

Reykjavík, qui concentre environ un tiers de la population islandaise, est paraît-il une capitale bouillonnante. À travers le regard de trois jeunes islandais·es, Sólveig Anspach filmait au début des années 2000 une ville où tout semblait possible : entre l’ivresse d’un été sans fin et la mélancolie des nuits polaires, plasticien·nes d’avant-garde, musicien·nes et DJ se croisent et se mêlent. Malicieuse, la cinéaste y a glissé sa propre fantaisie en précisant : « On dit que la moitié de la population écrit des livres et l’autre moitié les lit ». Fougue urbaine et légendes souterraines finissent par cohabiter, et on se sent dangereusement invité·es à faire partie de la fête… OC

avec Patrick Sobelman


Echo

avec Bjarki Thor, Ragnar Jónsson, Sigurmar Albertsson

En Islande, alors que tout le monde se prépare pour les fêtes de Noël, une ambiance particulière s’empare du pays. Entre exaltation et inquiétude, Echo dresse un portrait mordant et tendre de notre société moderne.
Un patchwork d’instantanés de vie comme prises sur le vif, en plans fixes avec un soin infini des cadrages. Une sorte de coq à l’âne de petites scènes dans l’intimité des familles ou dans la rue sans autre lien entre elles que la période des fêtes de fin d’année. Et pourtant un rendu général tellement juste et malicieux de notre quotidien. IA.

Prix du jeune public, Locarno Film Festival, Suisse 2019
Meilleur réalisateur, Festival International du film de Valladolid, 2019


Back soon

de Sólveig Anspach

avec Didda Jónsdóttir, Julien Cottereau, Joy Doyle

Islande | 2007 | 1h32

La réalisatrice s’essaie pour la première au genre comique. Une heure et demie de situations et de gags loufoques racontent l’histoire d’Anna, poétesse et dealeuse dont les affaires marchent très bien ! Mais, lassée du froid islandais, elle veut vendre son commerce et partir avec ses deux fils vers des contrées plus ensoleillées. Pendant les 48h qu’il faut au repreneur pour rassembler l’argent, Anna est amenée à sillonner l’île et à faire des rencontres inattendues tandis que sa maison se transforme en salle d’attente pour ses client·es.
Un film décalé qui respire la bonne humeur et l’énergie ! NT.

Prix Variety Piazza Grande, Locarno Film Festival, Suisse, 2008
Nommé pour le Prix d’actrice de l’année pour Didda Jónsdóttir, Edda Awards, 2008

en présence de l’équipe de Cinécran, de Patrick Sobelman et de Clara Lemaire Anspach


Les Proscrits

avec Victor Sjöström, Edith Erastoff, John Ekman

Accusé·es de vol, les « Bonny and Clyde islandais·es » fuient pendant des années dans la montagne pour devenir l’objet d’une légende nationale, d’une pièce de théâtre de Jóhan Sigurjónsson et d’un chef d’œuvre du cinéma muet suédois.
« Voilà sans aucun doute le plus beau film du monde » s’exclame Louis Delluc en 1918 à la sortie du film. Plus d’un siècle après, on reste fasciné·e par le parcours tragique du couple dans des décors majestueux (la Suède remplace l’Islande alors inaccessible pour cause de guerre), par la lumière de l’image et la mise en scène de V. Sjöström, réalisateur et émouvant interprète du film. JG.

Outlaw: The Saga of Gisli (Útlaginn)

avec Arnar Jónsson, Ragnheiður Steindórsdóttir, Benedikt Sigurðarson

Nous sommes en Islande, au Xe siècle. Gisli, homme d’honneur pris dans l’engrenage implacable de la vengeance et des liens du sang, commet le meurtre d’un parent pour venger son frère. Dès lors, il devient « útlagi », l’outre-loi condamné à l’errance. Traqué à travers les fjords sauvages, il survit grâce à son ingéniosité et à la fidélité de son épouse, avant un ultime affrontement épique. Adapté d’une saga médiévale, ce film d’Agúst Guðmundsson a marqué un tournant historique. En restituant la brutalité et la poésie des textes anciens avec un réalisme cru, il a prouvé que l’Islande pouvait se réapproprier ses propres mythes, fondant ainsi les bases esthétiques du cinéma national moderne. OC

Les Anges de l’univers

avec Ingvar Sigurdsson, Halldóra Geirharðsdóttir, Björn Jörundur Friðbjörnsson, Margrét Helga Jóhannsdóttir

Artiste à la sensibilité à fleur de peau, Páll (Ingvar E. Sigurðsson) voit ses certitudes se briser après une rupture amoureuse. Sa dérive le mène à l’asile de Kleppur, où il rencontre d’autres « anges » aux esprits égarés. Ce film de 1996 de Friðriksson parvient à rendre la folie humaine profondément poétique et souvent drôle. Imaginaire et réel se mêlent pour offrir une vision brute, typiquement islandaise, de la manière dont peut être dépeinte la maladie mentale. L’émotion est sublimée par une bande originale mythique, rencontre entre les nappes envoûtantes de Hilmar Örn Hilmarsson et le lyrisme céleste de Sigur Rós, qui lançait alors sa carrière (pour l’anecdote : Sigur et Rós signifient respectivement « victoire » et « rose »). OC.

Meilleur acteur pour Ingvar Sigurdsson, European Film Awards, 2000
Prix de l’acteur de l’année pour Ingvar Sigurdsson, Prix du meilleur acteur dans un second rôle pour Björn Jörundur Friðbjörnsson et Prix de la meilleure actrice dans un second rôle pour Margrét Helga Jóhannsdóttir, Edda Awards, Islande, 2000

séance en présence de Friðrik Þór Friðriksson