Grandir, s’aimer, vieillir

L’Amour qu’il nous reste

avec Saga Garðarsdóttir, Sverrir Gudnason, Ída Mekkín Hlynsdóttir

En Islande, alors que tout le monde se prépare pour les fêtes de Noël, une ambiance particulière s’empare du pays. Entre exaltation et inquiétude, Echo dresse un portrait mordant et tendre de notre société moderne.
Un patchwork d’instantanés de vie comme prises sur le vif, en plans fixes avec un soin infini des cadrages. Une sorte de coq à l’âne de petites scènes dans l’intimité des familles ou dans la rue sans autre lien entre elles que la période des fêtes de fin d’année. Et pourtant un rendu général tellement juste et malicieux de notre quotidien. IA.

Sélection officielle, Cannes Premiere 2025
Palm Dog, Festival de Cannes 2025



Heartstone

de Guðmundur Arnar Guðmundsson

avec Baldur Einarsson, Blær Hinriksson, Diljá Valsdóttir

Islande | 2017 | 2h09

Un film délicat et pudique sur ces étapes cruciales, qui métamorphosent un jeune adolescent en un jeune adulte. Une amitié adolescente masculine admirablement capturée par Guðmundsson qui joue avec les non-dits, les premiers émois d’une adolescence loin de Reykjavik, sur cette terre de pêche où tout le monde se connaît, où la réputation prime souvent sur les actes.
La photographie qui joue sur une palette pastel donne un côté suspendu et éternel à cet été, où le matin se confond avec la soirée, où une blague devient invitation. Si le sujet de la découverte de la sexualité n’est pas inédit, le traitement intime et le portrait très juste de cette adolescence est très réussi. NP.

Premier film islandais à la Mostra de Venise
Queer Lion, Mostra de Venise 2016
Grand Prix du Jury, Prix du Public et Prix SAFTAS / ERASMUS, Festival Premiers Plans d’Angers, 2017

séance avant-festival présentée par l’association Liberty Max dans le cadre du Ciné Queer


Sparrows

de Rúnar Rúnarsson

avec Atli Oskar Fjalarsson, Ingvar Sigurðsson, Nanna Kristín Magnúsdóttir

Islande, Danemark, Croatie | 2016 | 1h39

Suite au départ de sa mère en Afrique, Ari est contraint de quitter Reykjavik pour rejoindre son père, au fin fond du nord de l’île. Le réalisateur livre un film sur la perte de repères, celle d’un adolescent qui doit redécouvrir une terre d’enfance devenue hostile, subir un père déclassé par rapport à sa mère, femme fondue dans la vie de la capitale. La photographie amplifie cette sensation de désorientation : cette lumière en pleine nuit propre aux latitudes nordiques ; et cette image parfois blafarde qui donne un côté fantomatique à notre protagoniste. Le dilemme moral auquel va être condamné Ari lors d’une longue scène hors-champ confirme le grand film qu’est Sparrows. NP.

11 nominations aux Edda Awards (l’équivalent des César islandais)
Prix d’interprétation masculine, de la meilleure photographie et Prix du Jury Presse, Festivals du cinéma européen des Arcs, 2015

When the light breaks

de Rúnar Rúnarsson

avec Elín Hall, Mikael Kaaber, Katla Njálsdóttir

Islande, Pays-Bas, Croatie, France | 2024 | 1h20

De la lumière du coucher de soleil sur la mer à lumière du feu, ce très beau film relate avec sensibilité une journée dans la vie de jeunes étudiant·es bouleversé·es par la mort tragique de l’un d’eux. Les relations sont complexes, et c’est dans les non-dits que s’exprime le désespoir amoureux. Les choix de cadrages très serrés font qu’on est au plus près des personnages, de leurs émotions, mais aussi de leurs rivalités qu’ils laissent éclater dans des scènes d’une énergie fabuleuse. On est saisi·e par les sentiments universels éprouvés lors de la perte d’un être cher. On est subjugué·e par l’apaisement final. ILC.

Sélection Un Certain regard, Film d’ouverture Festival de Cannes 2025
Meilleur film, Meilleur réalisateur et Actrice de l’année pour Elín Hall, Edda Awards, Islande, 2025


L’Histoire du géant timide

de Dagur Kári

avec Gunnar Jónsson, Ilmur Kristjánsdóttir, Sigurjón Kjartansson

Islande, Danemark | 2015 | 1h34

Un jeune adulte, Fusi, gros pour ne pas dire obèse, qui vit encore chez sa mère se réfugie dans la nourriture et un jeu de petits soldats dans une grande maquette paysagère, face à l’adversité sociale. Pour lui faire rencontrer du monde, sa mère et son ami du moment lui offrent l’inscription à des cours de danse country où il va faire une belle rencontre. On suit pas à pas ce personnage dans toutes les circonstances de sa vie, son quotidien professionnel et familial, ses amitiés, ses échecs, ses choix, ses déceptions, son évolution amoureuse, porté par un acteur (Gunnar Jonsson) bouleversant, d’une tendresse infinie, prodigieux de sensibilité qui parvient avec un jeu très sobre à provoquer une émotion qui ne nous lâche pas tout au long du film. IA.

Meilleur film islandais, Nordic Council 2015


Un jour si blanc

avec Ingvar Sigurðsson, Ída Mekkín Hlynsdóttir, Hilmir Snær Guðnason

Dans un village isolé, Ingimundur (Ingvar E. Sigurðsson, encore lui !), policier taciturne, découvre que sa femme décédée menait une double vie. Sa quête de vérité vire à l’obsession. Hlynur Pálmason, plasticien de formation, transforme ce récit en une expérience sensorielle. La patte du réalisateur de Godland éclate dès le time-lapse inaugural montrant la maison en construction à travers les saisons (écho lointain au toit arraché à l’ouverture de L’amour qu’il nous reste). Au travers de cette brume opaque, magnifiquement rendue, percent quelques éclats de couleur quand certains silences laissent eux deviner la fureur de la nuit intérieure d’Ingimundur. OC.

Prix de la révélation pour Ingvar Sigurðsson, Festival de Cannes 2019
6 prix aux Edda Awards, Islande 2020


Touch, nos étreintes passées

avec Egill Olafsson, Pálmi Kormákur Baltasarsson, Kōki

Au crépuscule de sa vie, Kristofer, un Islandais de 73 ans, se met en tête de retrouver la trace de Miko, son amour de jeunesse. Il ferme son restaurant à Reykjavík pour une dernière odyssée. Baltasar Kormákur délaisse ses tempêtes habituelles pour filmer les remous intérieurs d’un homme qui sent le temps lui échapper. Touch est un voyage à fleur de peau, où le montage oscille entre la nostalgie d’une jeunesse éprise de justice et la solitude pudique du vieil homme. Dans les gestes du cuisinier ou les silences d’un trajet en train, Kormákur capte le besoin de clore son histoire avant le grand silence. Une œuvre bouleversante sur la permanence du sentiment. OC.

Prix du public, Festival du film de Cabourg 2025
Prix du public, Festival International du film de Tromsø 2025

Nói albínói

de Dagur Kári

avec Tómas Lemarquis, Thröstur Leó Gunnarsson, Elin Hansdottir

Danemark, Islande, Allemagne | 2003 | 1h33

Nói a 17 ans et habite dans un petit village du Nord de l’Islande avec sa grand-mère. Plutôt que d’aller au lycée, où son extrême nonchalance a le don de rendre fou son professeur, il préfère rendre visite au libraire du village, draguer la serveuse de la station-service, ou encore aider le prêtre à creuser des tombes. Et surtout, Nói rêve d’ailleurs.
Au cœur de l’Islande enneigée, avec humour et tendresse, Dagur Kári signe un portrait malicieux de ce jeune lycéen un peu perdu mais plein d’espoir. Mais les accidents du réel ne sont jamais loin, et la candeur lumineuse de Nói ne sera peut-être pas suffisante pour atteindre son rêve… MC.

Grand Prix du Jury, Festival Premiers Plans d’Angers 2003


Reykjavík, des elfes dans la ville

de Sólveig Anspach

documentaire

France | 2001 | 1h02

Reykjavík, qui concentre environ un tiers de la population islandaise, est paraît-il une capitale bouillonnante. À travers le regard de trois jeunes islandais·es, Sólveig Anspach filmait au début des années 2000 une ville où tout semblait possible : entre l’ivresse d’un été sans fin et la mélancolie des nuits polaires, plasticien·nes d’avant-garde, musicien·nes et DJ se croisent et se mêlent. Malicieuse, la cinéaste y a glissé sa propre fantaisie en précisant : « On dit que la moitié de la population écrit des livres et l’autre moitié les lit ». Fougue urbaine et légendes souterraines finissent par cohabiter, et on se sent dangereusement invité·es à faire partie de la fête… OC

avec Patrick Sobelman


Echo

avec Bjarki Thor, Ragnar Jónsson, Sigurmar Albertsson

En Islande, alors que tout le monde se prépare pour les fêtes de Noël, une ambiance particulière s’empare du pays. Entre exaltation et inquiétude, Echo dresse un portrait mordant et tendre de notre société moderne.
Un patchwork d’instantanés de vie comme prises sur le vif, en plans fixes avec un soin infini des cadrages. Une sorte de coq à l’âne de petites scènes dans l’intimité des familles ou dans la rue sans autre lien entre elles que la période des fêtes de fin d’année. Et pourtant un rendu général tellement juste et malicieux de notre quotidien. IA.

Prix du jeune public, Locarno Film Festival, Suisse 2019
Meilleur réalisateur, Festival International du film de Valladolid, 2019